10 juillet 2006
Week-end à Tioman
Jeudi. La nuit précédente a été courte, mais je dois manger avec Shaofa à midi. Il me livre ses dernières impression sur son nouveau travail, entre son collègue de boulot qui est un espion à la solde de son nouvel employeur qui vérifie qu'il ne travaille effectivement plus pour Thiagu, et ses déboires avec l'administration française pour obtenir son visa de travail. Je finis assez tard la journée, histoire de boucler mes dernières affaires courantes avec Loïc avant de partir en week-end. Le soir, je fais connaissance avec une grenouille en sortant de chez moi. Celle-ci, de peur, saute par dessus la barrière de l'escalier et atteri 3 étages plus bas. Curieux de la capacité de reception de la bête, je descend les escaliers et m'aperçoit finalement que la bébête à la peau dure. Elle m'observe encore de ses yeux globuleux avant de prendre ses pâtes à son cou.
A 22h, je rejoins Maxime à la gare des bus de Singapour. On voyage dans un bus de la transnationale, et on embarque en direction de Mersing, dans la province de Johor, Malaisie. Après un peu de route, on arrive à la douane singapourienne. C'est rapide, je montre ma carte verte de travailleur temporaire et ils me laissent passer sans soucis. On remonte ensuite dans notre bus qui a passé la frontière sans nous, puis on traverse un pont pour rejoindre le continent malaisien. De nouveau la douane, cette fois on donne un petit carton blanc préalablement rempli avec notre nom et notre numéro de passeport, on passe devant un detecteur de choses dangereuses cachés dans les sacs éteint, et on rembarque à nouveau dans notre bus : nous voilà en malaisie. S'ensuit 2h de route dans le noir, puis le chauffeur vient nous réveiller : "mersing ! mersing !" OK, on est arrivé, on descend. Prochaine étape, trouver le garden city hotel, lieu où l'on doit à priori retrouver nos compagnons de voyage qui ont embarqué sur un autre bus. On cherche, on trouve un truc qui s'appelle golden city hotel, mais la grille est fermée et puis de toute façon on a pas de ringgit sur nous pour payer la nuit. On cherche une banque avec un distributeur ou les messages ne sont pas marqués en malais, on revient sur nos pas en appelant dans la cage d'escalier du golden city hotel. Finalement, un vieillard vient nous ouvrir, il ne parle pas anglais mais écrit sur une feuille combien on doit lui payer pour un chambre avec air-con. On remplit le livre des résidents, et on repère les chambres dans lesquels nos amis français on commencé leur nuit : ouff, on les a retrouvé, on va pouvoir passer un week-end pas trop galère. 2h du matin, on croise dans la cage d'escalier des gamins de 10 ans qui crapotent des malboro locales (40mg de goudron par clope), on tappe à la porte D30 où une Jessy mal réveillée nous ouvre. "A quelle heure on se lève demain ?" "heiiiin ? ... heuuuuu ... à 6h !" "OK, bonne nuit, à demain". On passe la nuit dans une chambre sommaire, entre cafards, arraignées et autres bestioles sympathiques. Cela ne m'a pas empê ché de passer une très bonne nuit, bien qu'un peu courte.
Vendredi matin, direction un food-court pour manger une banane et boire un café noir. En attendant notre bateau pour aller à Tioman, on remplit une fiche avec encore une fois notre nom et notre numéro de passeport. On est filé à la trace, car depuis le récent tsunami les pays occidentaux veulent pouvoir savoir où sont les touristes en cas de pépin. Rassurant. Finalement on embarque sur notre petit bateau, le bluewater 4, capacité : 50 personnes bien tassées. 1h30 plus tard, un passage devant plusieurs petits cailloux posés au milieu de nulle part, nous voici arrivé à Tioman. L'île est imposante, avec sa jungle luxuriante et sa bordure de sable blanc qui ressort. On est un peu inquiet parceque de gros nuages noirs dominent les hauteurs de l'île, mais on a hâte de fouler le sable accueillant. On passe devant un resort - un hôtel grand luxe construit au bord de l'eau qui défigure complètement le paysage - et une jetée en construction pour accueillir les futurs ferrys remplis de touristes : je pense sincèrement que dans 10 ans, ce
petit coin de paradis offerts aux chanceux que nous fûmes connaitra un sort proche de celui de la côte d'azur. C'est quand même bien dommage. Enfin bref, notre petite ballade se termine sur un ponton, bordant une belle plage dominé par la jungle. Nous sommes huit, Alexia, Cécile, Alexia (oui c'est original hein ?), Jessy, Jack (un turc qui connait très bien le coin et qui nous sert de guide pour le week-end), Maxime, Sebastien et moi-même. Dans le bateau, on croise un gars avec une écharpe tri-colore accroché à son sac. Il voyage en asie depuis 3 mois, et il est là pour la journée. Du coup, il reste avec nous jusqu'en fin d'aprem. Au programme de la journée : découverte de nos bungalows, découverte de la plage, découverte des nombreux hamacs présents tout au long du chemin en béton qui longe la plage et qui est parcouru par des gamins en vélo ou des grands en motos ou sidecar. Bien sûr, on sent que l'île vit du tourisme, avec des restos/bungalows/location de masques tubas/club de plongée qui bordent le chemin bétonné. Mais c'est encore embryonnaire, c'est beaucoup moins "l'industrie" qu'a Krabi (qui est encore à des années lumières de la côte d'azur). Une sorte de tourisme artisanal. Les gens sont sympas, les gamins nous font des grands sourires, la bouffe très bonne et peu chère. L'après midi est consacrées à de la plongée en masque, palme et tuba. Il y a plein de poissons multicolors, bien que l'eau soit quand même un peu trouble - un peu plus de 5 mètres de
visibilité. Il y a des oursins géants, avec un énorme oeil bleu sur le dessus assez troublant. Et surtout il y a une tortue de mer d'un mètre de diamètre, en compagnie de qui je nage pendant une demi-heure. Bon évidemment, à cause de tout ce qu'il y a regarder, je fais pas trop gaffe en nageant et je heurte à plusieurs reprise les coraux qui sont au fond de l'eau. Ca me fait de jolies cicatrices de guerre que je pourrais montrer à mon retour. Le soir, après une bonne bouffe, on se couche relativement tôt histoire de profiter du lendemain.
Samedi matin, on se réveille à 9h, petit déjeuner copieux en prévision de l'effort qui nous attend : une marche dans la jungle de 3h pour rejoindre une autre plage paradisiaque. Le début de la course est terrible, ça monte beaucoup, il fait très chaud, on est tous recouvert par une épaisse couche de sueur. En plus la plupart d'entre nous sommes en tongs (bin oui, on m'avait dit qu'on allait à la plage moi, pas que j'allais aller dans la jungle !) mais la montée est bien balisée, les parties un peu "chaudes" étant bétonnées pour former marches plus ou moins régulières. On a vraiment l'impression d'être au milieu de nulle part. Bon au passage, on double un groupe d'une cinquantaine d'américains mené par des guides locaux, mais on les distance rapidement et on se retrouve seul avec les bruits de la jungle et les végétaux monumentaux. Finalement, une fois arrivée au point culminant de la marche, il se met à pleuvoir des cordes. C'est raffraichissant, mais ça complique un peu la descente - qui se fait toujours en tongs. Enfin on arrive, trempé -la pluie tropicale c'est pas de la gnognote- , à un petit bar qui sert les meilleurs jus d'ananas du monde entier. On en déguste en faisant la sieste, et on profite d'une acalmie pour aller se baigner sur une plage déserte, mais pas trop loin du bord parcequ'il parait que les requins sont de sortie quand l'eau est troublée par la pluie.
Puis direction un petit restau ou on arrive completement trempé, l'orage ayant décidé d'éclater sur les 200 mètres du chemin reliant le bar aux ananas au resto. Que nenni, on se console avec une grosse bouffe, et on profite d'une nouvelle acalmie de la météo pour louer un 4x4 et revenir à notre plage en une demi-heure. Le moment est bien marrant, les 4 filles sont à l'interieur, les 4 garçons dehors, debout dans le coffre, essayant d'éviter les branches d'arbres qui fouettent le véhicule, et descendant de temps en temps pour dégager le chemin des troncs tombés durant la nuit. Le chauffeur est un expert, il évite l'enlisement et les dérapages incontrôlés de la meilleure façon qui soit. De retour à notre bungalow, il fait de nouveau beau, on en profite pour aller se baigner et pour prendre un petit apéro en regardant le soleil se coucher.Le soir, on rencontre un autre français qui prend le bateau le lendemain, et on passe une petite soirée sympa, malgré la pluie qui se re-essaye à tomber. Lendemain, dimanche, grasse-mat' (ça faisait super longtemps que ça m'était pas arrivé !). Puis on attend le bateau pour rentrer sur Mersing. On aperçoit un singe dans la forêt juste derrière notre cabanon, puis des dauphins qui nagent dans la baie. Finalement un gros speed-boat arrive, et la traversée est longue, 3h30, à cause des vagues et de la taille du bateau. A Mersing, le petit groupe se sépare à nouveau, on part avec Maxime à la recherche d'une place de bus pour revenir sur Singapour - les autres ayant déjà leur ticket retour : on voit ceux qui sont organisés et ceux qui ne le sont pas. On arrive à trouver un bus qui part immédiatement, on négocie le prix en le divisant pratiquement par deux (en fait c'est facile de négocier, il faut juste savoir ce qu'on veut :) ). Et apres quelques embouteillages, on arrive à Singapour vers 8h30. Juste le temps pour moi de rentrer chez moi, de lancer une machine, de manger mon black peper chichen rice favori, accompagné de quelques plats typiques sri-lankais ramené par les parents de namunu qui passe la semaine à la maison, de prendre une petite douche, et direction Chijmes pour voir la finale. Toujours autant de monde, toujours autant de personnes que j'ai déjà croisé sur Singap. Je revois celui croisé sur Tioman, je retrouve mon amis de lycée, je revois des têtes apperçues lors des soirées multiples singapouriennes. La fin, tout le monde la connait. Pour nous, ça se termine par un chicken-rice à 7h du matin, dans un food-court chinois. Ca y est le foot c'est fini, le monde va pouvoir recommencer à tourner. Et moi continuer à voyager.
PS: les photos sont en ligne dans l'album
Comments:
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La fameuse grenouille ne serait-elle pas un espion à la solde de ton employeur?
Tu devrais te méfier des mouchards bactraciens
Tu devrais te méfier des mouchards bactraciens
aie aie aie ! ... elles sont trop belles les photos !
Profites en bien veinard et continues de nous faire voyager a travers tes posts...
Claire-coincee-dans-une-salle-de- TP-ou-il-fau-40-degres
Profites en bien veinard et continues de nous faire voyager a travers tes posts...
Claire-coincee-dans-une-salle-de- TP-ou-il-fau-40-degres
je me verrai bien dans un hamac sur une plage à la place de ma chaise au bureau surchauffé à 8h 50 !!!
Salut Tots,
non seulement tu as une certaine facilité à conter tes aventures mais aussi un trés beau style photographique.
Bon moi je le savais déjà, c'est juste pour te lancer des fleurs et te dire que même si je poste pas souvent, je regarde régulièrement ton blog et ça me permet de m'évader quelque peu.
Et puis de te savoir là bas, ça me fait marrer. Galérer dans la jungle avec tes tongs et un pipougne au trousse. lol
Grosse bise le Tots et à bientôt. Profite.
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non seulement tu as une certaine facilité à conter tes aventures mais aussi un trés beau style photographique.
Bon moi je le savais déjà, c'est juste pour te lancer des fleurs et te dire que même si je poste pas souvent, je regarde régulièrement ton blog et ça me permet de m'évader quelque peu.
Et puis de te savoir là bas, ça me fait marrer. Galérer dans la jungle avec tes tongs et un pipougne au trousse. lol
Grosse bise le Tots et à bientôt. Profite.
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